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Changement climatique des maladies infectieurs : des preuves à un travail de prévision

Climate Change and Infectious Diseases: From Evidence to a Predictive Framework

Sonia Altizer, Richard S. Ostfeld, Pieter T. J. Johnson, Susan Kutz, C. Drew Harvell
Science
02 août 2013

Au cours de la dernière décennie, le réchauffement climatique a déjà causé de profonds et complexes changements dans la prévalence et la sévérité de certaines maladies infectieuses. Pour les maladies humaines, le contrôle des vecteurs, les traitements anti-microbiens et les modifications des infrastructures peuvent atténuer ou masquer les effets du climat. Les maladies de la faune et des plantes sont en général moins influencées par ces moyens de contrôles, rendant ainsi les signaux climatiques plus faciles à détecter. Par exemple, bien que les effets du réchauffement climatique sont encore débattus pour la dynamique du paludisme chez l’homme, ces impacts sont régulièrement mis en avant pour l’augmentation de l’intensité et/ou le niveau de l’altitude et de latitude du paludisme aviaire chez les oiseaux sauvages.

Le changement climatique a déjà démultiplié l’apparition de maladies dans certains systèmes naturels et agricoles et contribué à l’extinctions d’espèces, de manière directe ou par des interactions avec des maladies infectieuses. Pour beaucoup de maladies humaines, de la faune et de la flore, la perte de biodiversité à un niveau local ou régional peut augmenter le taux de transmission de pathogènes. Chez les humains, l’exposition des maladies diarrhéiques sont liés au réchauffement des températures et aux fortes pluies. Ainsi les effets du réchauffement des températures sur la diversité et la fonction de microbes mutualistes et commensaux pourraient favoriser la croissance de pathogènes et déclencher des pestes. Le réchauffement climatique peut affaiblir la régulation biotique et les vecteurs de maladies en inhibant les prédateurs et compétiteurs. Les modifications induites par le climat pour la phénologie et les migrations d’espèces risquent d’affecter la dynamique des maladies. Plusieurs espèces ont déjà bougé vers des altitudes ou des latitudes plus hautes. Pour l’instant, l’expansion du moustique tigre d’Asie (Aedes albopictus) en Europe et en Amérique a créée un contexte favorable à l’invasion par un nouveau virus tel que le Chikungunya. Ce pathogène a déjà étendu son aire géographique et de récentes épidémies en Europe met en lumière le besoin de surveillance et de préparation.

 

Abstract

Over the past decade, climate warming has already caused profound and often complex changes in the prevalence or severity of some infectious diseases. For human diseases, vector-control, antimicrobial treatments, and infrastructural changes can dampen or mask climate effects. Wildlife and plant diseases are generally less influenced by these control measures, making the climate signal easier to detect. For example, although the effects of climate warming on the dynamics of human malaria are debated, climate warming is consistently shown to increase the intensity and/or latitudinal and altitudinal range of avian malaria in wild birds. Climate change has already increased the occurrence of diseases in some natural and agricultural systems and is already contributing to species extinctions, both directly and through interactions with infectious disease  For many diseases of humans, wildlife, and plants, biodiversity loss at local or regional scales can increase rates of pathogen transmission.  In humans, exposure to diarrheal diseases has been linked to warmer temperatures and heavy rainfall. Thus, effects of warmer temperatures on the diversity and function of commensal or mutualist microbes could promote pathogen growth and pest outbreaks.

Climate warming can also weaken biotic regulation of disease vectors by inhibiting their predators and competitors. Climate-induced shifts in phenology and species movements will likely affect disease dynamics. Many species are already moving toward higher elevations or latitudes. For instance, the range expansion of the Asian tiger mosquito (Aedes albopictus) across Europe and the Americas has created the potential for novel viral diseases such as Chikungunya to invade; this pathogen is already expanding in geographic range, and a recent outbreak in Europe emphasizes the need for surveillance and preparedness.

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